Le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG) et la Conférence suisse contre la violence domestique (CSVD) publient une étude sur la situation des enfants exposés à la violence au sein du couple parental. Cette étude est une mesure du Plan d’action national de la Suisse en vue de la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul de 2022 à 2026 – adopté par le Conseil fédéral en 2022, ce plan vise à faire reculer la violence envers les femmes et la violence domestique.
En 2022, le groupe spécialisé dans la protection de l’enfant a de nouveau recensé tous les enfants et adolescent·e·s qui ont été pris en charge ou traités dans une clinique pédiatrique suisse pour une forme de maltraitance (présumée). Le recensement a été effectué pour la 14e fois de manière standardisée et les données disponibles se basent sur les réponses de 20 cliniques qui ont toutes participé à l’enquête les années précédentes. Parmi les résultats, on note que:
- L’augmentation des maltraitances, continue depuis le début du recensement, a été particulièrement marquée en 2022 (14 %). La question se pose ici de savoir s’il y a effectivement eu plus de maltraitance ou si davantage d’enfants et d’adolescent·e·s ont été adressé·e·s en raison d’une sensibilisation accrue au problème.
- En 2022 également, les très jeunes enfants étaient particulièrement touchés par la
maltraitance. Près d’1/5 de tous les cas signalés concernaient des enfants âgés d’un an, et
près de 45 % de tous les enfants recensés n’avaient pas encore atteint leur sixième
anniversaire.
- 50 % de tous les cas de maltraitance psychique recensés sont dus au fait d’avoir été témoin de violences domestiques
((QR Code)) Vers le rapport: https://www.paediatrieschweiz.ch/fr/news/statistique-nationale-2022-de-la-maltraitance-des-enfants/
Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, plus de cent organisations font parler d’elles en se mobilisant contre la violence sexiste. La campagne «16 jours contre les violences faites aux femmes» a lieu dans 187 pays du monde. En Suisse, les journées d’action sont coordonnées depuis 2007 par l’organisation féministe pour la paix cfd.
Thématique 2022: le féminicide
Une semaine sur deux, une femme ou une personne perçue comme une femme est tuée en Suisse parce qu’elle est une femme ou perçue comme telle (par exemple personne non binaire ou homme trans). En 2021, vingt femmes et filles ont été tuées en raison de violences domestiques.
Les revendications de l’organisation féministe pour la paix et d’autres organisations sont entre autres:
– l’égalité sociale et politique de tous les genres;
– le développement de la prise en charge des auteurs de violences – centres de consultation, programmes éducatifs pour personnes dangereuses, sensibilisation des jeunes à l’école – qui questionne de manière critique les représentations de la masculinité et les rôles de genre;
– Davantage de places dans les foyers d’accueil pour femmes et financement à prix coûtant des centres de consultation pour victimes.
Au cours des «16 journées contre la violence faite aux femmes», des événements seront organisés en collaboration avec de nombreux·ses partenaires afin de renforcer la prévention et la sensibilisation permettant d’empêcher la violence.
® Comment puis-je participer à la campagne?
Le 30 septembre, le Conseil national a approuvé la motion Bulliard (19.4632) «Inscrire l’éducation sans violence dans le CC», qui souhaite ancrer le droit des enfants à une éducation sans violence dans le Code civil (CC).
Le Comité des droits de l’enfant de l’Organisation des Nations Unies a publié fin septembre ses recommandations vis-à-vis de la Suisse. Celles-ci révèlent les lacunes en matière de mise en œuvre de la Convention des droits de l’enfant en Suisse.
La Suisse présente le bilan de son action en matière de prévention et de lutte contre la violence faite aux femmes et la violence domestique dans son premier rapport sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, que le Conseil fédéral a approuvé lors de sa séance du 18 juin.
Lors de sa séance du 3 juillet 2019, le Conseil fédéral a fixé au 1er juillet 2020 l’entrée en vigueur des modifications du code civil et du code pénal ayant pour but de mieux protéger les victimes de violence domestique et de harcèlement obsessionnel.
