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Obstetrica 3/2025: La césarienne – mythes et réalités

Autour de l’accouchement, certains sujets prêtent plus à discussion que d’autres – c’est le cas de la césarienne, qui concerne en Suisse un tiers des naissances – bien au delà des recommandations mondiales ( voir ici). Anne Steiner, sage-femme et chargée de qualité pour la Fédération suisse des sages-femmes (FSSF), démêle dans cet article les idées reçues et mythes autour de ce thème.

 

«Mon amie a eu une césarienne et n’a donc pas souffert.»

C’est un fait, de nombreuses femmes ne ressentent pas de douleurs pour une césarienne programmée. On se rend à l’hôpital bien préparée, tout est organisé et l’enfant est mis au monde sous contrôle et apparemment «en douceur». Mais les douleurs post-opératoires sont souvent sous-estimées.

Une césarienne est une opération abdominale importante. Il n’y a pas de «sortie» naturelle, mais toutes les couches de tissus qui mènent à l’enfant doivent être sectionnées puis recousues. Une telle intervention nécessite du temps pour guérir – et cela ne se fait pas sans douleur, en général les femmes ont besoin de puissants analgésiques et restent un peu plus longtemps à l’hôpital.

L’hypothèse selon laquelle une césarienne évite les douleurs de l’accouchement n’est pas tout à fait exacte – elles sont simplement réparties différemment: en cas d’accouchement par voie basse (ou voie vaginale), elles surviennent avant, en cas de césarienne, après.

«Une césarienne est le plus sûr pour l’enfant.»

Dans certaines situations, une césarienne peut sauver une vie – par exemple en cas de maladie grave de la grossesse ou de complications aiguës lors de l’accouchement. Dans de tels cas, elle est sans conteste la meilleure et la plus sûre des solutions.

Toutefois, lorsqu’il n’y a pas de nécessité médicale et que le choix entre un accouchement par voie vaginale et une césarienne peut être fait librement, l’accouchement par voie vaginale est effectivement considéré comme l’option la plus sûre pour l’enfant. Elle entraîne moins de problèmes d’adaptation physique et réduit le risque de complications de santé.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les enfants nés par césarienne planifiée ont plus souvent des difficultés d’adaptation à la vie en dehors de l’utérus. Ils luttent plus souvent contre des problèmes respiratoires et un changement de circulation retardé, et doivent plus souvent recevoir des soins médicaux, souvent dans un service de néonatalogie.

Un autre aspect qui fait l’objet de recherches croissantes est le microbiome. Les bébés grandissent dans un environnement stérile dans le ventre de leur mère. Lors de l’accouchement par voie vaginale, ils entrent en contact avec les germes maternels – ce que l’on appelle le microbiome. Ces premières bactéries ne sont pas nocives, et jouent un rôle important dans le système immunitaire de l’enfant. En cas de césarienne, ce contact naturel fait défaut, ce qui peut éventuellement avoir des conséquences à long terme.

Mais si une césarienne est médicalement nécessaire, on peut tout de même la faire dans de bonnes conditions: après la naissance, l’enfant devrait être placé immédiatement sur la poitrine de sa mère, afin que le premier examen puisse avoir lieu à cet endroit. Ce premier contact appelé bonding – lorsque le bébé a un contact en peau à peau avec sa mère juste après la naissance – est également possible en salle d’opération et a des effets positifs prouvés.

«Césarienne un jour, césarienne toujours»

Non, ce n’est pas une fatalité. L’histoire ne se répète pas nécessairement, et les chances d’accoucher par voie basse après une césarienne sont même plutôt bonnes. Des études montrent qu’environ 60 à 75 % des femmes qui n’ont pas de nouvelle indication médicale claire pour une césarienne peuvent accoucher avec succès par voie vaginale.

Par exemple, si le premier accouchement n’a pas progressé, il se peut que cela soit simplement dû à la position de l’enfant dans le ventre – une situation qui peut être très différente la fois suivante. Les parents de plusieurs enfants constatent quand les enfants grandissent à quel point ils sont différents. Pourquoi donc les naissances devraient-elles se dérouler de manière identique? L’interaction entre les deux personnes concernées, la mère et l’enfant, ne peut pas être reproduite à l’identique.

L’accouchement par voie basse après une césarienne est en outre fortement recommandé, car il s’agit d’une option plus saine et souvent plus sûre, tant pour la mère que pour l’enfant. Il existe à cet effet des directives médicales claires et des recommandations fondées sur des preuves scientifiques, par exemple les «Cinq principales recommandations pour l’accouchement» (voir encart plus bas).

Anne Steiner, sage-femme, responsable qualité de la Fédération suisse des sages-femmes. Elle a donné naissance à ses quatre enfants à la maison avec deux sages-femmes.

Top 5 des recommandations pour l’accouchement
Pour celles et ceux en savoir plus, smarter medicine propose un  top 5 des recommandations pour l’accouchement, incluant des explications accessibles au grand public (il suffit de faire défiler la page vers le bas).

 

 

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