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Bulletin des médecins suisses
Mieux comprendre le vaccino-scepticisme au lieu de le diaboliser

Pourquoi les parents vaccino-sceptiques sont de «bons patients», et ce que les médecins allopathes peuvent apprendre des médecines complémentaires en matière de vaccination. Cela paraît simple au premier abord: le Plan de vaccination suisse de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) [1] liste les vaccins recommandés au sein de la population dès la petite enfance. Le but: protéger autant l’individu que la collectivité. Les vaccins contre la rougeole, la diphtérie, le tétanos et autres, sont considérés comme efficaces et sûrs. La discussion est dans ce cas close, il ne reste plus qu’à tendre le bras pour la piqûre! Mais ce n’est pas si simple. Selon des sondages, jusqu’à 40% des Suisses sont sceptiques face aux recommandations des autorités en matière de vaccination [2]. Sont-ce toutes des personnes opposées aux autorités et qui misent beaucoup sur leur système immunitaire? La réponse n’est pas si simple non plus.

Pour poser un regard neuf sur la méfiance à l’égard des vaccins, sujet qui ne date pas d’hier, il est important de comprendre le cadre général de la communication médecin-patient. Philip Tarr, médecin-chef de la clinique universitaire médicale en infectiologie et hygiène hospitalière à l’hôpital cantonal de Bâle-Campagne, explique: «Aujourd’hui, on attend des patients qu’ils participent à la réflexion et qu’ils posent des questions critiques». C’est ce qui s’appelle «shared decision making». L’image du demi-dieu en blanc auquel on fait aveuglément confiance est dépassée. Elle a laissé place à une grande autonomie des patients. Mais est-ce aussi valable pour la vaccination? La réponse est souvent non. Philip Tarr estime que les discussions sur les vaccins ne devraient plus faire exception et regrette que les parents qui posent des questions critiques à ce sujet soient trop souvent considérés comme des patients difficiles.

Source: Tribune d’Eva Mell, Bulletin des médecins suisses du 6 avril

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