Des éditorialistes du British Journal of Psychiatry dénoncent des biais inconscients dans la perception des troubles psychiatriques, un phénomène aggravé par l’existence d’une «perspective hiérarchique favorisant certains diagnostics par rapport à d’autres.»
Un défaut de l’individu ?
Si les pathologies peuvent être classées en deux groupes distincts (troubles somatiques et troubles psychiatriques), elles partagent des similitudes dans la mesure où elles ont toutes un facteur causal (souvent biologique ou environnemental), mais tendent à être appréciées «de façon radicalement différente»: en général, un trouble somatique est perçu comme un «événement malheureux provoquant une détresse physique chez le sujet», tandis qu’un trouble psychiatrique est perçu comme un «défaut de l’individu lui-même.» Départager pathologies somatiques et psychiatriques revient en pratique à déterminer si l’étiologie réside principalement dans «un processus corporel anormal», comme la croissance destructrice d’une tumeur, ou «un trouble du comportement ou de l’humeur», comme une personnalité antisociale ou une dépression.
